Bracelets énergisants : miracle ou arnaque ?

Descriptif

Comme beaucoup de gens, la première fois que nous avons entendu parler de ces soi-disant bracelets pour améliorer les performances, nous étions très septiques. Voici les résultats d’une étude menée pour connaitre les véritables effets (s’il y en a) des bracelets.

 

Tout le monde en a déjà entendu parler, qu’ils aient des hologrammes minuscules incrustés ou pas, ils se déclinent en une multitude de couleurs... Les fabricants de ces bracelets, souvent munis d’un speech bien rodé, nous explique que nos corps ont un champ d'énergie naturelle et nos molécules vibrent à une fréquence prédéfinie. Mais en raison du bombardement quotidien d'autres types d'énergie comme les téléphones portables, les téléviseurs et autres ordinateurs, nos fréquences sont modifiées, elles sont déséquilibrées. Ce qui, à son tour, déstabilise notre équilibre et dégrade notre potentielle performance athlétique.

 

C’est à ce moment que les hologrammes « Mylar » de ces bracelets programmés avec des fréquences spéciales permettraient de rétablir notre équilibre énergétique et, vous l'aurez deviné, d'améliorer notre force, souplesse, équilibre…

La prolifération de ces bracelets à été aussi rapide que spectaculaire. En faisant des recherches sur internet on se rend compte qu’il existe beaucoup de bracelets similaires sur le marché qui « fournissent des prestations comparables », y compris des marques telles que puissance BalanceTM, EFX, iRenew ®, Trion: Z ® et plus encore.

 

Inutile de vous vous dire que des campagnes marketing ciblés avec photos de sportifs professionnels et stars de cinéma portant ce "bijou de performance», comme il a été appelé, entoure tous ces produits. Et l'une des marques les plus populaires, Power Balance (powerbalance.com), sponsorise même des sportifs comme le basketteur (ex) Shaquille O'Neal et le quarterback Drew Brees, icône de la NFL.

 

Avec tous ces « adopteurs » et les campagnes marketing performantes, il est facile de voir pourquoi tant de gens ont acheté ces bracelets, qui coûtent jusqu'à 30 $ (24€) l’unité. "Tout le monde est à la recherche d'une solution rapide pour performer, en particulier les sportifs. Ils veulent ce qui va leur donner l'avantage sur quelqu'un d'autre », explique Rachel Hazuga, un chercheur de l'Université du Wisconsin. "Même si elle (la solution) les rend seulement un peu meilleur, cela signifie qu'ils sont meilleur."

Et les gens ont été les acheter en effet. Power Balance aurait vendu trois millions d'unités dans les trois dernières années.

   

Passons maintenant à l'étude

 

Pour tester les affirmations de Power Balance, le Comité Américain de l’Exercice Physique à sollicité une équipe de scientifiques de l'Université du Wisconsin, s’occupant du Programme d'exercice et de santé, dirigé par les docteurs en science J. Porcari.et H. Hazuga. Ensemble, ils recrutés 42 universitaires volontaires, tous athlètes de la Division III NCAA (championnat universitaire).

 

Chaque sujet devait effectuer deux essais sur chacune des quatre épreuves: souplesse du tronc, équilibre, force et saut vertical. Les trois premières épreuves imitaient les tests utilisés sur le site Web Power Balance (www.powerbalance.com / test-vidéo) pour démontrer l'efficacité de leurs bijoux de performance. Le test de saut vertical a été ajouté pour évaluer la puissance des membres inférieurs. Les épreuves ont été effectuées dans le même ordre pour tous les sujets, sans échauffement, et il a était demandé aux sujets de ne pas faire d’exercice avant le test ce jour-là.

 

Lors d’un des deux essais, les sujets portaient un bracelet Power Balance et pour l'autre essai, ils portaient un placebo (bracelet en caoutchouc). L'ordre dans lequel les bracelets étaient portés était complètement aléatoire et ni les sujets ni les examinateurs ne savaient quel bracelet avait été porté pour quel essai. La moitié des sujets portaient le bracelet Power Balance pour leur premier essai tandis que l'autre moitié portaient le bracelet placebo.

 

Résultats :

Après que les chiffres est été croisés, les chercheurs ont constaté qu'il n'y avait pas de différence significative dans la flexibilité du tronc, dans l'équilibre, dans la force ou dans la détente du saut vertical entre les essais avec bracelet Power Balance et ceux avec le bracelet placebo.

 

«Nous avons testé les bracelets de la même manière que sur les pubs de Power Balance," dit Porcari. "Ils n'ont tout simplement pas fonctionnés comme prévu. Pour moi, c'est juste une arnaque absolue. "

 

Mais comment expliquent t-ils les témoignages de personnes qui ne jurent que par l’amélioration de leur propre performance par Power Balance? C'est l'effet placebo. "La puissance de l'esprit humain à croire que quelque chose fonctionne," dit Porcari. "Si ils pensent que ça va marcher, ça va fonctionner dans une certaine mesure."

"Tout le monde est à la recherche de la formule magique", dit-il. «Les vendeurs Power Balance font ces démonstrations, et les gens veulent croire que cela pourrait fonctionner."

 

Le gouvernement australien a récemment réprimandé Power Balance parce que l'entreprise ne dispose d'aucune preuve scientifique crédible pour valider leurs dires. En conséquence, le fabricant australien de bracelets Power Balance a été forcé de s'excuser publiquement et d'admettre qu'il n’y a aucune garantie scientifique de l'effet de leurs produits.

 

Le gouvernement américain est lui sur le point d'attaquer Power Balance et les autres fabricants de bracelet, mais plusieurs poursuites en recours collectif ont été déjà déposées à travers les Etats-Unis contre la société, dénonçant la publicité mensongère et les pratiques commerciales déloyales.

 

Compte tenu de la masse croissante de preuves discréditant leurs revendications et avec la menace de poursuites imminentes, il semble probable que le succès de Power Balance et de ses concurrents ait atteint son apogée et que, inévitablement, ces bracelets rencontreront le même sort que d'autres produits aux vertus magiques amplement vantées et rapidement déchues et qui se retrouvent finalement tomber aux oubliettes. Par Steeve Kerou